Sommaire
- Décennale : à quoi ça sert (concrètement) ?
- Le piège n°1 : l’attestation “valable” mais pas pour votre chantier
- Checklist : ce que vous devez vérifier sur l’attestation
- La vérification qui fait la différence : appeler l’assureur
- Cas sensibles : sous-traitance, auto-entrepreneur, multi-métiers
- Signaux d’alerte (souvent minimisés, mais réels)
- Que demander, et à quel moment ?
- Conclusion & plan d’action
- FAQ – Décennale 2026
Décennale : à quoi ça sert (concrètement) ?
L’assurance décennale (obligatoire depuis la loi Spinetta de 1978) couvre pendant 10 ans après réception les dommages qui compromettent :
- la solidité de l’ouvrage (fissures structurelles, effondrement partiel, affaissement),
- ou le rendent impropre à sa destination (infiltration grave, étanchéité défaillante, isolation qui ne tient pas, chauffage qui ne fonctionne plus).
Elle ne couvre pas :
- les finitions esthétiques (peinture qui cloque, carrelage mal posé mais sans fuite),
- les malfaçons mineures sans conséquence grave,
- les dommages causés par l’usure normale ou le non-entretien.
Le piège n°1 : l’attestation “valable” mais pas pour votre chantier
Beaucoup d’artisans envoient une attestation générale valable 1 an, mais qui ne mentionne pas du tout l’activité que vous leur demandez (ex. : maçon garanti, mais pas étanchéité de terrasse ou carrelage en douche). En cas de sinistre lié à ce poste non couvert, l’assureur refusera la prise en charge.
Exemple réel 2026 : un client fait refaire une salle de bain par un “plombier-carreleur” → fissure + infiltration après 2 ans → refus car l’attestation ne mentionnait pas “étanchéité des locaux humides”.
Checklist : ce que vous devez vérifier sur l’attestation
- Nom exact / raison sociale de l’entreprise (identique à devis/facture/SIREN).
- Numéro de police + nom et logo de l’assureur (vérifiable sur registre ORIAS ou site assureur).
- Période de validité : doit couvrir toute la durée du chantier + au moins 1 an après réception.
- Activités garanties : doit explicitement inclure le poste principal réalisé (ex. “maçonnerie”, “étanchéité”, “carrelage sols et murs”, “plomberie sanitaire”, “isolation thermique”). Attention aux exclusions listées.
- Restrictions / exclusions : certains contrats excluent techniques spécifiques (ex. “pas de toiture-terrasse”, “pas de rénovation lourde”, “pas de travaux > 100 k€”).
La vérification qui fait la différence : appeler l’assureur (ou demander confirmation)
Appeler directement l’assureur (numéro sur l’attestation) est la méthode la plus fiable. Script simple :
Bonjour, je suis client de l’entreprise [Nom / SIREN]. Je souhaite confirmer que la police n° [numéro police] couvre bien l’activité [précisez : étanchéité des locaux humides, carrelage sols et murs, plomberie sanitaire] pour un chantier démarrant en [mois/année]. Pouvez-vous me le confirmer ?
Certains assureurs refusent de donner des détails précis, mais confirment au minimum l’existence d’une police active et le nom de l’assuré. Si l’artisan refuse de vous donner le contact assureur ou bloque la vérification : signal d’alerte majeur.
Cas sensibles : sous-traitance, auto-entrepreneur, multi-métiers
- Sous-traitance : demandez l’attestation du sous-traitant pour les postes critiques (étanchéité, structure, toiture, carrelage en pièce humide). Le sous-traitant doit aussi avoir une décennale valide.
- Auto-entrepreneur / micro-entreprise : l’assurance est obligatoire dès le premier euro de CA. Vérifiez que l’activité est bien déclarée (pas juste “bricolage”).
- Multi-métiers : un artisan peut être assuré pour “maçonnerie” mais pas pour “étanchéité” ou “carrelage sols et murs en locaux humides” → sinistre non couvert si problème sur ce poste.
Signaux d’alerte (souvent minimisés, mais réels)
- Attestation floue, sans liste précise des activités garanties.
- Nom / SIREN différent entre devis et attestation.
- Attestation expirée “mais ne vous inquiétez pas, je la renouvelle”.
- L’artisan refuse de vous la transmettre avant l’acompte.
- Attestation “générique” sans numéro de police ni assureur identifiable.
- Refus de vous laisser appeler l’assureur pour confirmation.
Que demander, et à quel moment ?
Exigez l’attestation :
- Avant tout acompte (idéalement au moment du devis signé).
- Avant démarrage chantier (au plus tard jour J-7).
- À chaque renouvellement annuel si chantier > 12 mois.
- Après réception des travaux (pour activer la garantie de parfait achèvement + décennale).
Conservez-la précieusement (numérique + papier) et notez numéro police + dates.
Conclusion & plan d’action
Vérifier une décennale, ce n’est pas “avoir un papier”. C’est vérifier la cohérence totale : entreprise, dates, activités, police active, exclusions. C’est rapide (10–15 min), gratuit et ça évite de découvrir le problème au pire moment : après un dégât grave. En 2026, les assureurs sont de plus en plus regardants sur les activités déclarées — ne laissez pas passer un flou artistique.
Plan d’action en 5 étapes :
- Exigez l’attestation avant acompte (nom exact, SIREN, police, assureur, dates, activités précises).
- Vérifiez cohérence avec devis (même nom, même SIREN, activités couvertes).
- Appelez l’assureur pour confirmation (script simple ci-dessus).
- Redemandez attestation à jour si chantier chevauche une nouvelle année.
- Conservez-la et joignez-la à votre dossier sinistre le jour venu.
FAQ – Décennale 2026
La décennale couvre-t-elle tous les travaux ?
Non, uniquement les dommages compromettant solidité ou destination de l’ouvrage (structure, étanchéité grave). Pas les finitions esthétiques ni malfaçons mineures.
Une attestation de 2025 couvre-t-elle un chantier 2026 ?
Seulement si la période de validité dépasse la réception des travaux. Sinon, redemandez une attestation à jour avant démarrage.
Que faire si l’artisan refuse de me donner l’attestation ?
Signal d’alerte majeur. Ne versez aucun acompte tant que vous n’avez pas la preuve d’une décennale valide et adaptée. Changez d’artisan si refus persiste.
Dois-je vérifier la décennale du sous-traitant ?
Oui, pour les postes critiques (étanchéité, structure, toiture, carrelage en pièce humide). Le sous-traitant doit avoir sa propre décennale valide.
Une attestation “générique” est-elle suffisante ?
Non. Elle doit mentionner explicitement les activités réalisées sur votre chantier. Une attestation vague ou sans détail = risque de refus en cas de sinistre.
Combien coûte une vérification décennale ?
Gratuit si vous appelez vous-même l’assureur. Coût diagnostic pro si besoin : 300–800 € (maçon/BE). Assurance dommages-ouvrage (optionnelle) : 1–3 % du montant total travaux.
Que faire si sinistre après réception ?
1) Déclarez immédiatement au maître d’ouvrage + assureur décennale (lettre recommandée). 2) Joignez attestation + photos + constat. 3) Assureur doit répondre sous 60 jours (expertise possible). Si refus : médiation ou justice.